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Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours. Saisie, procédure collective, responsabilité, défense et droits des parties.

SAI-020 — Liquidation judiciaire et crypto-actifs : articulation avec la procédure pénale,

droits des organes de la procédure collective et stratégie de défense

I. Comprendre l’articulation entre procédure collective et procédure pénale

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Une situation de plus en plus fréquente

Le développement des crypto-actifs dans la vie des entreprises conduit désormais les juridictions à connaître de dossiers dans lesquels une procédure collective et une procédure pénale se déroulent simultanément. Une société placée en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire peut détenir des actifs numériques acquis dans le cadre de son activité ou de sa trésorerie.

Lorsque ces actifs font parallèlement l’objet d’une enquête pénale, plusieurs ensembles de règles doivent être conciliés. D’une part, le droit des procédures collectives organise la préservation et la réalisation du patrimoine du débiteur dans l’intérêt collectif des créanciers. D’autre part, la procédure pénale peut conduire à ordonner des mesures de saisie, de gel ou de confiscation destinées à garantir la manifestation de la vérité, la conservation des preuves ou l’exécution d’une peine.

Cette coexistence soulève des questions pratiques importantes : qui peut administrer les crypto-actifs ? Le liquidateur judiciaire peut-il en demander la restitution ? Une saisie pénale fait-elle obstacle à la réalisation des actifs dans la procédure collective ? Les créanciers conservent-ils des droits particuliers ?

Ces interrogations illustrent la nécessité d’une approche coordonnée entre les différentes juridictions et les acteurs de la procédure.

B. Les crypto-actifs dans le patrimoine de l’entreprise

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les actifs numériques peuvent apparaître dans des situations variées.

Ils peuvent notamment correspondre :

  1. à une réserve de trésorerie ;
  2. à un investissement financier ;
  3. à un moyen de paiement reçu de clients ;
  4. à des actifs utilisés dans l’activité commerciale ;
  5. à des jetons représentant certains droits économiques.

Avant toute décision, il convient d’identifier précisément leur nature, leur mode de détention et leur valeur patrimoniale.

C. Les principaux intervenants

Plusieurs acteurs peuvent intervenir dans ce type de dossier :

A. le procureur de la République ;

B. le juge d’instruction ;

C. le juge des libertés et de la détention lorsque la loi le prévoit ;

D. l’administrateur judiciaire ;

E. le mandataire judiciaire ;

F. le liquidateur judiciaire ;

G. les créanciers ;

H. les représentants de la société.

La coordination entre ces différents intervenants constitue souvent l’un des principaux enjeux de la procédure.

II. Les premières questions soulevées par la saisie de crypto-actifs appartenant à une

entreprise (Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Identifier le titulaire réel des actifs

Avant toute mesure, il est indispensable de déterminer si les crypto-actifs appartiennent effectivement à la société concernée.

Cette vérification peut nécessiter l’examen :

  1. des comptes sociaux ;
  2. des historiques de transactions ;
  3. des plateformes utilisées ;
  4. des justificatifs comptables ;
  5. des documents fiscaux ;
  6. des conventions conclues avec des prestataires spécialisés.

Cette première étape conditionne la suite de la procédure.

B. Les difficultés liées aux portefeuilles professionnels

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Certaines entreprises utilisent plusieurs portefeuilles numériques selon leurs activités.

Il convient alors de distinguer :

A. les portefeuilles opérationnels ;

B. les portefeuilles de conservation ;

C. les portefeuilles multi-signatures ;

D. les actifs détenus auprès d’un prestataire de conservation.

Cette distinction permet d’éviter les confusions entre différents patrimoines numériques.

C. Les conséquences immédiates d’une saisie pénale

Lorsqu’une mesure de saisie intervient, elle peut avoir des répercussions importantes sur le déroulement de la procédure collective.

Elle peut notamment :

  1. empêcher certaines opérations de cession ;
  2. retarder la réalisation de l’actif ;
  3. modifier les perspectives de désintéressement des créanciers ;
  4. affecter la poursuite de certaines opérations.

L’articulation entre ces deux procédures constitue donc un enjeu majeur pour l’ensemble des parties.

III. Les pouvoirs des organes de la procédure collective

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Le rôle du liquidateur judiciaire

Lorsqu’une entreprise est placée en liquidation judiciaire, le liquidateur est chargé d’administrer le patrimoine du débiteur, d’en assurer la conservation et, lorsque les conditions légales sont réunies, de réaliser les actifs afin de désintéresser les créanciers.

La présence de crypto-actifs dans le patrimoine social soulève des questions particulières.

Le liquidateur doit notamment :

  1. identifier les actifs numériques appartenant à la société ;
  2. vérifier les modalités de leur conservation ;
  3. déterminer les plateformes ou portefeuilles concernés ;
  4. apprécier les conséquences des mesures judiciaires déjà intervenues ;
  5. préserver les intérêts de la procédure collective.

Lorsque les actifs font déjà l’objet d’une saisie pénale, ses pouvoirs doivent être conciliés avec ceux des autorités judiciaires.

B. Les missions du mandataire judiciaire

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Dans les procédures où un mandataire judiciaire intervient, celui-ci représente principalement l’intérêt collectif des créanciers.

Il peut être conduit à examiner :

A. la composition du patrimoine numérique ;

B. les créances déclarées ;

C. les mouvements intervenus avant l’ouverture de la procédure ;

D. les conséquences d’une éventuelle immobilisation des actifs.

Cette analyse permet d’apprécier les incidences des mesures pénales sur le déroulement de la procédure collective.

C. Les représentants de la société

Les dirigeants demeurent souvent les personnes les mieux informées sur l’existence des actifs numériques.

Ils peuvent être amenés à fournir :

  1. les informations relatives aux plateformes utilisées ;
  2. les justificatifs comptables disponibles ;
  3. les documents permettant d’identifier les portefeuilles ;
  4. les éléments relatifs aux opérations réalisées avant l’ouverture de la procédure.

Ces renseignements facilitent l’identification du patrimoine concerné.

IV. Les difficultés pratiques liées aux crypto-actifs

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. L’identification des portefeuilles

Contrairement aux comptes bancaires traditionnels, les actifs numériques peuvent être répartis entre plusieurs portefeuilles.

Les investigations portent notamment sur :

  1. les portefeuilles matériels ;
  2. les applications logicielles ;
  3. les comptes ouverts auprès des plateformes ;
  4. les solutions de conservation institutionnelle.

L’identification de l’ensemble de ces supports constitue souvent une étape déterminante.

B. La conservation des clés d’accès

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

La maîtrise des actifs numériques dépend largement des éléments permettant d’y accéder.

Les autorités peuvent être confrontées à différentes situations :

A. les clés privées sont disponibles ;

B. elles sont conservées par un prestataire ;

C. plusieurs personnes disposent des autorisations nécessaires ;

D. certaines informations demeurent inaccessibles.

Ces circonstances influencent directement les possibilités de gestion des actifs pendant la procédure.

C. La valorisation des actifs numériques

La valeur des crypto-actifs peut évoluer rapidement.

Les intervenants doivent donc apprécier :

  1. la nature des actifs concernés ;
  2. leur quantité ;
  3. les conditions de marché ;
  4. les incidences éventuelles de la volatilité.

Cette évaluation présente un intérêt particulier lorsqu’il convient d’apprécier l’importance du patrimoine concerné.

V. Les relations entre la procédure collective et la procédure pénale

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Deux procédures poursuivant des objectifs distincts

La procédure collective vise principalement à traiter les difficultés économiques du débiteur et à organiser le règlement du passif.

La procédure pénale poursuit, quant à elle, des objectifs propres, parmi lesquels :

  1. la recherche des auteurs d’infractions ;
  2. la manifestation de la vérité ;
  3. la préservation des preuves ;
  4. l’exécution des décisions pénales.

Ces finalités différentes expliquent que les deux procédures puissent évoluer simultanément.

B. Les échanges d’informations

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Lorsque plusieurs juridictions interviennent, certaines informations peuvent présenter un intérêt commun.

Il peut notamment s’agir :

A. de l’identification des actifs ;

B. des éléments comptables ;

C. des documents transmis par les plateformes ;

D. des rapports d’expertise.

Chaque transmission demeure toutefois encadrée par les règles applicables à la procédure concernée.

C. La coordination des décisions

La coexistence des deux procédures suppose une attention particulière afin d’éviter des décisions incompatibles.

Les juridictions veillent notamment :

  1. à identifier les actifs concernés ;
  2. à préciser les mesures déjà ordonnées ;
  3. à apprécier leurs conséquences respectives ;
  4. à préserver les droits des différentes parties.

Cette coordination contribue à la sécurité juridique de l’ensemble de la procédure.

VI. Les droits des créanciers dans la procédure collective

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Les déclarations de créances

Les créanciers conservent la possibilité de faire valoir leurs droits conformément aux règles applicables aux procédures collectives.

La présence de crypto-actifs dans le patrimoine du débiteur peut toutefois influencer les perspectives de désintéressement.

Le montant des actifs disponibles, leur disponibilité effective et les mesures judiciaires dont ils font l’objet sont autant d’éléments susceptibles d’avoir une incidence sur la procédure.

B. Les contestations éventuelles

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les créanciers peuvent être amenés à discuter :

A. la composition du patrimoine ;

B. l’appartenance de certains actifs ;

C. l’existence de revendications concurrentes ;

D. les conséquences d’une mesure pénale.

Chaque contestation est examinée au regard des éléments produits et des règles applicables.

C. Une stratégie adaptée à chaque situation

Aucune procédure ne présente exactement les mêmes caractéristiques.

La stratégie retenue dépend notamment :

  1. de la nature des actifs numériques ;
  2. du stade de la procédure collective ;
  3. des décisions pénales déjà intervenues ;
  4. des droits invoqués par les différentes parties.

Une analyse individualisée demeure indispensable afin de concilier les intérêts en présence.

VII. Les recours ouverts aux différents intervenants

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Les recours exercés par le liquidateur judiciaire

Lorsqu’une mesure de saisie pénale concerne des crypto-actifs appartenant à une entreprise en procédure collective, le liquidateur judiciaire peut être amené à examiner les recours susceptibles de préserver les intérêts de la masse des créanciers.

Avant toute initiative, il vérifie notamment :

  1. la nature exacte des actifs numériques concernés ;
  2. la décision ayant ordonné la saisie ;
  3. l’autorité judiciaire compétente ;
  4. les conséquences pratiques de la mesure sur la liquidation ;
  5. les droits susceptibles d’être invoqués.

L’objectif consiste à déterminer si la mesure contestée compromet inutilement le déroulement de la procédure collective ou si elle demeure justifiée par les nécessités de l’enquête pénale.

B. Les recours des créanciers

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les créanciers peuvent également être concernés par les décisions affectant les actifs numériques de leur débiteur.

Leurs démarches supposent une analyse préalable :

A. de l’existence d’une créance certaine ;

B. des titres dont ils disposent ;

C. des décisions déjà intervenues ;

D. des effets de la saisie sur leurs droits.

Cette étude permet d’apprécier les initiatives procédurales les plus adaptées.

C. Les recours de la société

Lorsque la personne morale demeure représentée dans la procédure, elle peut également défendre ses intérêts.

Les observations peuvent notamment porter sur :

  1. la propriété des crypto-actifs ;
  2. leur utilité pour la poursuite de certaines opérations ;
  3. les conséquences économiques d’une immobilisation prolongée ;
  4. les incidences de la mesure sur les créanciers.

Chaque argument est apprécié au regard des objectifs poursuivis par la procédure pénale.

VIII. Les difficultés liées aux plateformes de services sur crypto-actifs

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Les actifs conservés par un prestataire

De nombreuses entreprises utilisent aujourd’hui des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) pour conserver ou gérer une partie de leur patrimoine numérique.

Lorsque ces actifs font l’objet d’une procédure pénale, plusieurs questions apparaissent :

  1. quelles informations peuvent être obtenues auprès du prestataire ;
  2. quelles opérations demeurent possibles ;
  3. quelles mesures ont déjà été exécutées ;
  4. quelles restrictions résultent des décisions judiciaires.

L’examen des conditions contractuelles complète utilement cette analyse.

B. Les prestataires étrangers

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les plateformes sont souvent établies hors de France.

Cette situation peut nécessiter :

A. des échanges entre autorités judiciaires ;

B. des demandes adressées aux prestataires étrangers ;

C. des démarches de coopération internationale ;

D. l’application de règles propres à l’État concerné.

Ces éléments influencent parfois la durée des investigations.

C. Les obligations des prestataires

Les prestataires intervenant dans la conservation ou l’administration de crypto-actifs doivent tenir compte des décisions judiciaires qui leur sont régulièrement notifiées.

Ils peuvent notamment être amenés à :

  1. préserver certains actifs ;
  2. communiquer des informations ;
  3. suspendre certaines opérations ;
  4. conserver les données utiles à la procédure.

Leur intervention contribue fréquemment à l’identification du patrimoine numérique de l’entreprise.

IX. Les difficultés internationales

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Des actifs répartis dans plusieurs États

Les entreprises détenant des crypto-actifs utilisent souvent plusieurs plateformes situées dans différents pays.

Le patrimoine numérique peut ainsi être réparti entre :

  1. plusieurs prestataires ;
  2. plusieurs portefeuilles ;
  3. plusieurs juridictions.

Cette dispersion géographique accroît la complexité des investigations.

B. Les mécanismes de coopération

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les autorités compétentes peuvent être conduites à mettre en œuvre différents mécanismes de coopération afin d’obtenir les informations nécessaires.

Ces démarches portent notamment sur :

A. l’identification des comptes ;

B. les historiques de transactions ;

C. les données d’identification ;

D. les éléments utiles à la manifestation de la vérité.

Les délais varient selon les États concernés et les procédures applicables.

C. Les conséquences pratiques

La dimension internationale du dossier peut avoir une incidence sur :

  1. la durée de la procédure ;
  2. la disponibilité des preuves ;
  3. la conservation des actifs ;
  4. les possibilités d’exécution des décisions.

Une stratégie adaptée permet d’anticiper ces difficultés.

X. Les recommandations pratiques

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

A. Organiser la documentation

Les entreprises détenant des crypto-actifs ont intérêt à conserver une documentation complète concernant leur patrimoine numérique.

Il est notamment recommandé de conserver :

  1. les contrats conclus avec les plateformes ;
  2. les historiques des opérations ;
  3. les documents comptables ;
  4. les justificatifs fiscaux ;
  5. les conventions internes relatives à la gestion des portefeuilles.

Une documentation rigoureuse facilite considérablement l’identification des actifs.

B. Séparer les patrimoines

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Une organisation claire des portefeuilles permet d’éviter de nombreuses difficultés.

Il est généralement préférable de distinguer :

A. les actifs propres à la société ;

B. les actifs appartenant aux dirigeants ;

C. les actifs détenus pour le compte de tiers ;

D. les portefeuilles opérationnels et ceux destinés à la conservation.

Cette distinction réduit les risques de confusion lors d’une procédure judiciaire.

C. Anticiper les difficultés

La préparation constitue souvent le meilleur moyen de préserver les intérêts de l’entreprise.

Une gouvernance adaptée des actifs numériques, une conservation méthodique des justificatifs et une documentation précise des opérations réalisées facilitent l’intervention des différents acteurs en cas de procédure pénale.

XI. Conclusion

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Le développement des crypto-actifs conduit désormais les juridictions à traiter des dossiers dans lesquels se rencontrent le droit des procédures collectives et la procédure pénale. La coexistence de ces deux ensembles de règles impose une analyse particulièrement rigoureuse afin de préserver les intérêts de l’enquête, les droits des créanciers, les prérogatives des organes de la procédure collective et les garanties reconnues à la personne poursuivie.

L’identification des actifs numériques, la distinction entre les différents patrimoines, la coordination des décisions judiciaires et la prise en compte de la dimension internationale des plateformes constituent autant de questions déterminantes pour l’issue du dossier. Chaque situation appelle une appréciation individualisée fondée sur les circonstances de l’espèce et sur les éléments de preuve disponibles.

La structure de l’article est désormais complète (jusqu’à la conclusion). En revanche, pour atteindre votre objectif habituel de 3 500 à 4 000 mots, il est utile d’insérer un dernier développement avant la conclusion. Voici une extension qui complète la fiche sans faire doublon avec les SAI-006 à SAI-019.

XI. Les responsabilités des dirigeants lorsque des crypto-actifs figurent dans le

patrimoine de l’entreprise (Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et

recours)

A. Les obligations de conservation des informations

Les dirigeants d’une entreprise détenant des crypto-actifs doivent veiller à l’organisation et à la conservation des informations permettant d’identifier les actifs numériques appartenant à la société. Cette exigence présente une importance particulière lorsqu’une procédure collective ou une enquête pénale intervient.

Une documentation insuffisante peut compliquer l’identification du patrimoine numérique et ralentir les investigations. Les autorités judiciaires, les organes de la procédure collective ainsi que les créanciers peuvent alors rencontrer des difficultés pour déterminer la composition exacte des actifs de l’entreprise.

Il est donc recommandé de conserver notamment :

  1. les justificatifs d’ouverture des comptes auprès des prestataires de services sur crypto-actifs ;
  2. les historiques de transactions ;
  3. les documents comptables retraçant les acquisitions et les cessions ;
  4. les conventions conclues avec les prestataires de conservation ;
  5. les procédures internes relatives à la gestion des portefeuilles numériques.

Une organisation rigoureuse facilite l’exercice des missions confiées aux différents intervenants et contribue à limiter les contestations.

B. La séparation entre le patrimoine social et le patrimoine personnel

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les entreprises utilisant des crypto-actifs doivent éviter toute confusion entre les actifs appartenant à la société et ceux détenus à titre personnel par les dirigeants.

Cette distinction est particulièrement importante lorsque les mêmes personnes administrent plusieurs portefeuilles numériques.

Il est préférable de prévoir :

A. des portefeuilles distincts pour les opérations professionnelles et personnelles ;

B. une comptabilité retraçant précisément les mouvements d’actifs numériques ;

C. des procédures internes définissant les personnes autorisées à intervenir sur chaque portefeuille ;

D. une documentation permettant d’identifier sans ambiguïté le titulaire de chaque actif.

Ces précautions facilitent les vérifications en cas de contrôle, de procédure collective ou d’enquête pénale.

C. L’importance d’une gouvernance adaptée

Le recours aux crypto-actifs conduit progressivement les entreprises à mettre en place une gouvernance spécifique.

Cette organisation peut comprendre :

  1. la désignation des personnes habilitées à intervenir sur les portefeuilles ;
  2. la définition des procédures de validation des opérations importantes ;
  3. la conservation sécurisée des moyens d’accès ;
  4. la réalisation d’audits internes réguliers ;
  5. la mise à jour de la documentation juridique et comptable.

Une gouvernance clairement définie contribue à sécuriser la gestion des actifs numériques et facilite le traitement des difficultés susceptibles d’apparaître dans le cadre d’une procédure judiciaire.

XII. Les perspectives d’évolution

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A. Une présence croissante des crypto-actifs dans les procédures collectives

L’utilisation des actifs numériques par les entreprises tend à se développer dans de nombreux secteurs d’activité. Cette évolution conduit les juridictions à rencontrer de plus en plus fréquemment des dossiers dans lesquels des crypto-actifs figurent à l’actif d’une société en difficulté.

Il est donc probable que la jurisprudence précise progressivement les modalités d’articulation entre les règles des procédures collectives et celles de la procédure pénale.

B. Une technicité renforcée des dossiers

(Liquidation judiciaire et crypto-actifs : enjeux pénaux et recours)

Les contentieux impliquant des actifs numériques mobilisent des compétences juridiques, comptables et techniques de plus en plus spécialisées.

Les questions relatives à la conservation des portefeuilles, à l’identification des actifs, aux analyses blockchain et aux échanges avec les prestataires spécialisés devraient occuper une place croissante dans les procédures à venir.

Cette évolution justifie une préparation rigoureuse des dossiers et une coordination étroite entre les différents intervenants.

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