Partie 3. L’influence de la victime sur le procès pénal

L’évolution de la place de la victime dans la procédure pénale répond à une évolution de la justice dont la perception a été modifiée à la fin du XXème siècle.

Elle s’est faite en parallèle de la place plus générale de l’individu dans la société.

La justice pénale a vu alors son champ d’action s’élargir, elle n’a plus seulement pour fonction de déterminer les coupables, elle est aussi une étape dans la nécessaire reconstruction des victimes.

Ainsi, comme nous l’avons évoqué dans l’introduction de ce mémoire, longtemps l’attention de la victime a été limitée aux aspects processuels. A défaut d’être partie au procès aucun droit ne lui était réservé.

Aujourd’hui la tendance s’est inversée et la victime est devenue une véritable partie au procès pénale, notamment durant l’instruction où elle est informée du déroulement de la procédure et y possède un véritable pouvoir d’intervention.

Cependant, bien qu’il ne faille pas forcément défendre de manière radicale la thèse de certains auteurs désireux de voir la victime totalement exclue du procès pénal, il semble nécessaire de s’interroger sur les risques d’une survictimisation.

En effet, Si la participation de la victime à l’instruction lui permet de se reconstruire en prenant part à son procès, une prise en compte excessive de la victime dans le déroulement de l’instruction ne peut qu’influencer les caractéristiques fondamentales de la procédure pénale et la philosophie même du procès pénal (I). On peut ainsi légitimement se demander si d’autres solutions ne seraient pas plus adaptées et moins nuisibles aux droits de la personne poursuivie (II).

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