4. le statut dela victime dans le procès pénal aujourd'hui

Au cours du procès pénal, le statut octroyé à la victime varie :
Durant la phase policière et lorsqu’elle n’est pas encore constituée partie civile, elle est simple témoin[1]. En revanche, dès qu’une instruction est ouverte, sa participation à la procédure devient beaucoup plus importante et la victime concourt ainsi à la recherche de la vérité, puis elle s’efface durant la phase de jugement même. Enfin, elle n’a plus réellement de rôle actif lors de l’exécution des peines.
C’est donc durant la phase de l’instruction que la victime partie civile aura le plus de pouvoirs.
Or cela ne peut pas être sans conséquence sur les fondements même du procès pénal qui, prioritairement protecteur de l’intérêt général, devient alors une instance ayant pour objet supplémentaire de satisfaire les revendications morales et financières de la victime.
Les droits octroyés à la victime partie civile durant la phase d’instruction du procès pénal ne risquent-t-il pas de conduire à un bouleversement des fondements même de celui-ci ?
Pour répondre à cette question il sera au préalable indispensable de s’interroger sur le rôle qui est octroyé à la victime dans le procès pénal (I), puis après avoir analyser les droits accordés à la partie civile durant l’instructions (II) nous nous demanderons s’ils ne sont pas devenus excessifs allant à l’encontre de principes essentiels du droit pénal (III).
[1] La victime est cependant à ce stade un témoin particulier puisque cette qualité lui permet d’acquérir certaines droits spécifiques.
