Le démarchage
Le démarchage est une technique commerciale consistant pour un vendeur à solliciter un consommateur à sa résidence ou à son lieu de travail, ou plus généralement dans tout lieu qui n'est pas par nature destiné à la commercialisation, afin de lui proposer l'acquisition d'un bien ou d'un service à titre onéreux.
On parle volontiers de vente directe dès lors que le rapport entre le vendeur et le consommateur est établi sans intermédiation d'aucune sorte.
Le démarchage est prévu à l’article L 121-21 et suivants du code de la consommation.
- La personne sollicitée
Il faut que la personne sollicitée soit un consommateur, c'est-à-dire une personne physique n’agissant pas à l’occasion de son activité professionnelle.
- Le lieu de la sollicitation
Les dispositions protectrices du code de la consommations’appliquent au consommateur sollicité à son domicile, sur son lieu de travail, ou dans tous lieux non destinés à la commercialisation du bien ou du service proposé.
- L’objet de la sollicitation
La loi protège le consommateur qui, suite à un démarchage, a conclu un contrat d’achat, de vente, de location, de location-vente, de location avec option d’achat de biens ou encore la fourniture d’un service.
Ne sont pas soumis aux dispositions des articles L.121-23 à L.121-28 :
1° Les ventes à domicile de denrées ou de produits de consommation courante
2° La vente des produits provenant exclusivement de la fabrication ou de la production personnelle du démarcheur
3° Le service après-vente constitué par la fourniture d'articles, pièces détachées ouaccessoires, se rapportant à l'utilisation du matériel principal"
I. Les règles applicables au contrat conclu suite à un démarchage
- Obligation d’établir un écrit
L’article L.121-23 - « Les opérations visées à l'article L.121-21 doivent faire l'objet d'un contrat dont un exemplaire doit être remis au client au moment de la conclusion de ce contrat et comporter, à peine de nullité, les mentions suivantes :
4° Désignation précise de la nature et des caractéristiques des biens offerts ou desservices proposés ;
5° Conditions d'exécution du contrat, notamment les modalités et le délai de livraison des biens, ou d'exécution de la prestation de services ;
6° Prix global à payer et modalités de paiement ; en cas de vente à tempérament ou de vente à crédit, les formes exigées par la réglementation sur la vente à crédit, ainsi que le taux nominal de l'intérêt et le taux effectif global de l'intérêt déterminé dans les conditions prévues à l'article L.313-1 ;
7° Faculté de renonciation prévue à l'article L.121-25, ainsi que les conditions d'exercice de cette faculté et, de façon apparente, le texte intégral des articles L.121-23, L.121-24, L.121-25 et L.121-26.
Art. L.121-24 - Le contrat visé à l'article L.121-23 doit comprendre un formulaire détachable destiné à faciliter l'exercice de la faculté de renonciation dans les conditions prévues à l'article L.121-25. Un décret en Conseil d'Etat précisera les mentions devant figurer sur ce formulaire ».
Ce contrat ne peut comporter aucune clause attributive de compétence.
Tous les exemplaires du contrat doivent être signés et datés de la main même du client.
- La faculté de rétractation
Toute clause du contrat par laquelle le client abandonne son droit de renoncer à sa commande ou à son engagement d'achat est nulle et non avenue.
Dans les sept jours qui suivent la signature du contrat que le démarcheur a remis au consommateur, il pourra changer d’avis et se rétracter. Cette décision n’a pas à être motivée.
Il lui suffit de remplir le formulaire détachable prévu à cet effet et qui doit figurer dans le contrat. Après l’avoir dûment rempli, il doit l’adresser au vendeur par courrier recommandé avec demande d’avis de réception.
Si aucun formulaire de renonciation ne figure dans votre contrat, il conviendra d’exercer cette faculté par lettre rédigée sous papier libre (voir le modèle de lettre – LRAR faculté de renonciation - démarchage), adressée au vendeur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
L’article L.121-25 du code de la consommation prévoit que « Dans les sept jours, jours fériés compris, à compter de la commande ou de l'engagement d'achat, le client a la faculté d'y renoncer par lettre recommandée avec accusé de réception. Si ce délai expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
C’est également le cas lorsque le paiement ou l’exécution de la prestation a eu lieu avant le délai de réflexion.
Ainsi, avant l'expiration de ce délai de réflexion nul ne peut exiger ou obtenir du client, directement ou indirectement, à quelque titre ni sous quelque forme que ce soit une contrepartie quelconque ni aucun engagement ni effectuer des prestations de services de quelque nature que ce soit.
- Les sanctions civiles
- en l’absence des mentions obligatoires prévues par l’article L.121-23 du code de la consommation
- en cas de non respect de l’interdiction faite au démarcheur de percevoir une quelconque contrepartie avant l’expiration du délai de réflexion de sept jour
- en cas d’absence d’un formulaire de rétractation.
- Les sanctions pénales
L’article L.121-28 du code de la consommation prévoit que les infractions aux dispositions protectrices de la loi en matière de démarchage sont punies d’une peine d’emprisonnement d’un an et d’une amende de 3.750 euros.
L’article L.122-8 du code de la consommation prévoit des sanctions encore plus lourdes s’agissant d’abus de faiblesse.
Il en est ainsi dès lors qu’une personne a « abusé de la faiblesse ou de l'ignorance d'une personne pour lui faire souscrire, par le moyen de visites à domicile, des engagements au comptant ou à crédit sous quelque forme […] lorsque les circonstances montrent que cette personne n'était pas en mesure d'apprécier la portée des engagements qu'elle prenait ou de déceler les ruses ou artifices déployés pour la convaincre à y souscrire, ou font apparaître qu'elle a été soumise à une contrainte. »
Dans ce cas, les sanctions peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 9 000 euros.
