A - Des conditions propres à la qualité des cocontractants

La lettre de la loi protège, de façon explicite, le consommateur ou le non-professionnel en tant que cocontractant dans une convention avec un professionnel. Aussi faut-il préciser les contours de ces différentes notions eu égard au droit communautaire (1) et au droit interne (2).
1) Les notions de « consommateur» et « professionnel » en droit communautaire
Selon les termes de l’article 2 b) de la directive communautaire du 5 avril 1993, le consommateur est défini comme « toute personne physique qui, dans les contrats relevant de la présente directive, agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre de son activité professionnel ». De même, l’article 2 c) désigne comme professionnel « toute personne physique ou morale qui, dans les contrats relevant de la présente directive, agit dans le cadre de son activité professionnelle, qu’elle soit publique ou privée».
Par ailleurs, la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) a réaffirmé à maintes occasions que la définition du consommateur s’appliquait exclusivement aux personnes physiques (CJCE, 22 novembre 2001, Aff. C-541/99 et C-542/99, Cape Snc c/ Idealservice Srl et Idealservice MNRE Sas c/ OMAL Srl).
2) Les notions de « consommateur » et « non professionnel » en droit français
En droit français, le consommateur agit à des fins domestiques, et le non-professionnel - figure intermédiaire entre le professionnel et le consommateur – peut être considéré comme le professionnel qui sort de son domaine d’activité, « quand il se trouve dans le même état d’ignorance que n’importe quel autre consommateur » (Cass. Civ1. 28 février 1987).
L’introduction d’un régime de clauses abusives dans les relations entre « partenaires commerciaux » à l’article L 442-6 I 2° du Code de Commerce
Aux termes de l’article L 442-6 I 2° du Code de Commerce, le professionnel qui « soumet ou tente de soumettre un partenaire commercial à des obligations créant un déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties », engage sa responsabilité. On peut constater une certaine similitude quant à la rédaction des articles L 442-6 I 2° du Code de Commerce et L 132-1 du Code de la Consommation. Ce rapprochement textuel met en exergue l’introduction d’un mécanisme de protection contre les clauses abusives dans les contrats entre professionnels ; une protection qui jusqu’ici était aux cocontractants non-professionnels (ou consommateurs).
