L'extorsion : définition et sanction

L’extorsion :
C’ est le fait d’obtenir par violence, menace de violences ou contrainte soit une signature,
un engagement ou une renonciation, soit la révélation d’un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque (article 312-1 du Code pénal).
L’extorsion s’inscrit dans les infractions dites « d’appropriation frauduleuse » au même titre que le vol, l’escroquerie ou encore, les détournements.
On peut également parler de racket pour qualifier cette infraction.

   1. Comment prouver l’extorsion ?

Pour être constituée, l’infraction d’extorsion nécessite la preuve d’éléments matériels ainsi que la preuve d’un élément moral.

     1. Les éléments matériels                                                                                                                     (L’extorsion)

L’infraction d’extorsion est constituée de trois éléments matériels ; des moyens mis en œuvre, une remise par la victime et l’objet de la remise.

          . Les moyens mis en œuvre                                                                                                                                               (L’extorsion)

A la lecture de l’article 312-1 du Code pénal, on retient que le délit ne peut être constitué
qu’à condition que le comportement de la victime (la remise)
ait été obtenu par violence, menaces de violence ou contrainte.

         . La violence                                                                                                                                                                                (L’extorsion)

On peut définir la violence par les procédés de contrainte physique
privant alors la victime de sa liberté d’action
et amenant cette dernière à se dépouiller.

        . Les menaces de violence                                                                                                                                                         (L’extorsion)

Par cette expression, on retient qu’il n’est pas exigé que les violences aient été réalisées ;
il suffit que la victime ait été menacée, à travers ces violences,
pour que l’élément matériel soit constitué
et ainsi, pour que le délit d’extorsion soit susceptible d’être caractérisé
si ces menaces de violence ont conditionné la remise,

        . La contrainte morale                                                                                                                                                                 (L’extorsion)

La contrainte morale peut être définie comme étant une force irrésistible,
d’origine externe et dominant la volonté de la personne la subissant,
ou du moins, étant assez puissante, de manière à enlever la liberté d’esprit de la victime.
La jurisprudence considère, de manière constante,
que la contrainte est constituée par de simples menaces qui, sans être insurmontables,
représentent un danger grave, certain et imminent, soit pour la vie, soit pour l’intégrité physique.
La loi ne semble pas exiger de concomitance entre la violence,
les menaces de violence
ou encore la contrainte morale avec le délit d’extorsion.

En effet, la loi semble plutôt exiger une relation de cause à effet entre les moyens de l’extorsion et la remise.

      .  La remise par la victime

Le délit d’extorsion, pour être constitué, suppose une remise involontaire mais consciente de la part de la victime
qui peut être une personne physique mais aussi une personne morale.

      .  Une remise involontaire mais consciente                                                                                                                      (L’extorsion)

Dans le cadre du délit d’extorsion, la victime joue un rôle actif dans la remise de la chose.
En effet, la victime remet consciemment l’objet de l’infraction à l’auteur mais, de manière forcée.
Ce rôle actif de la victime n’est que le résultat de la pression exercée sur cette dernière,
pression exercée à travers les violences,
les menaces de violences
ou encore à travers la contrainte morale.
       .  Une victime personne physique                                                                                                                                   (L’extorsion)
La victime personne physique est à différencier selon que cette dernière est signataire ou non.
Dans le cas de l’extorsion de signature, la victime est toujours le titulaire de cette signature.
Cependant, dans le cas d’une extorsion d’un titre d’engagement,
d’une renonciation, d’une valeur ou encore d’un effet,
la victime de l’extorsion sera alors la personne remettant le titre sous la contrainte,
quand bien même cette dernière n’en est pas le signataire.

      . Une victime personne morale                                                                                                                                                                                           (L’extorsion)

Une personne morale est, par définition, insensible à la force, la violence ou la contrainte.
Néanmoins, on sait que les sociétés ou encore les associations sont elles aussi vulnérables
à ce que l’on peut appeler la « piraterie » économique.
De plus, le Code pénal énonce qu’une personne morale peut être déclarée pénalement responsable d’une infraction,
en vertu de l’article 121-2 et donc, naturellement, d’une extorsion.
En ce que cette personne morale puisse être auteur du délit d’extorsion,
il va de soi que cette dernière puisse également en être la victime.

      .  L’objet de la remise                                                                                                                                                                                                                    (L’extorsion)

Pour être susceptible d’être caractérisé, le délit d’extorsion suppose
une remise qui peut avoir pour objet une signature, un engagement ou une renonciation, la révélation d’un secret

ou encore, la remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque.

      . Une signature                                                                                                                                                                                                                            (L’extorsion)

Dans ce cas d’espèce, il s’agit précisément de la signature elle-même.
Ainsi, l’infraction est constituée par le seul fait de contraindre la victime à apposer sa signature ou son paraphe sur un document.
Précisons que la nature et la portée du document importent peu pour caractériser l’infraction.

     . Un engagement ou une renonciation                                                                                                                                   (L’extorsion)

Ici, nous visons les actes écrits qui emportent ou non des conséquences pécuniaires mais aussi, des engagements non écrits ou dont le caractère n’est pas d’ordre patrimonial.
      . La révélation d’un secret                                                                                                                                                            (L’extorsion)
L’article 312-1 instituant le délit d’extorsion ne donne aucune précision sur le terme « secret ».
Ainsi, il faut l’entendre dans son acception la plus large ; sont alors compris les secrets de la vie privée, les secrets professionnels, les secrets de correspondances ou encore les secrets d’affaire.
Enfin, il peut également s’agir du secret personnel comme le secret d’autrui, extorqué à son dépositaire.
      . La remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque
Les notions de « fonds et valeurs » désignent l’ensemble des valeurs mobilières, les effets de commerce mais aussi, tous les instruments de paiement.
De plus, le terme « bien quelconque » est interprété, par la jurisprudence de la Cour de Cassation,
comme tout objet ou denrée ayant une valeur marchande.
Cet objet doit être suffisamment déterminé pour que des poursuites puissent être exercées par la suite.

       2 . Comment l’extorsion est-elle réprimée ?

La peine dépend de la nature de l’extorsion ; ce délit peut être simple ou aggravé
          1.  L’extorsion simple                                                                                                                                                               (L’extorsion)
 La personne physique qui se rend coupable d’une extorsion simple est punie de 7 ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende en vertu de l’article 312-1 du Code pénal.
La personne morale se rendant coupable d’une extorsion simple s’expose à la peine d’amende prévue pour la personne physique élevée au quintuple (500 000) et ce, en vertu de l’article 131-38 du présent Code.

          2. L’extorsion aggravée                                                                                                                         (L’extorsion)

Il existe des circonstances aggravantes pour l’extorsion, circonstances prévues aux articles 312-2 à 312-6 du Code pénal.
L’article 312-2 dudit Code prévoit que l’extorsion est punie de 10 ans et de 150 000 euros d’amende lorsque elle est :

  • précédée, accompagnée ou suivie de violences sur autrui ayant entrainé une incapacité totale de travail pendant huit jours au plus ;
  • commise au préjudice d’une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur ;
  • commise à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposé, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, ou de son orientation ou « identité » sexuelle, vraie ou supposée ;
  • faite par une personne dissimulant volontairement en tout ou partie son visage afin de ne pas être identifiée
  • accomplie dans les établissements d’enseignement ou d’éducation ainsi que, lors des entrées ou sorties des élèves ou dans un temps très voisin de celles-ci, aux abords de ces établissements.

L’article 312-3 du Code susvisé dispose, quant à lui, que l’extorsion est punie de quinze ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende lorsqu’elle est précédée, accompagnée ou suivie de violences sur autrui ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de huit jours.

Période de sûreté applicable                                                                           (L’extorsion)

Les deux premiers alinéas de l’article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à l’infraction prévue par le présent article.
L’article 312-4 du présent Code énonce que l’extorsion est punie de vingt ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende lorsqu’elle est précédée, accompagnée ou suivie de violences sur autrui ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.
Là encore, les deux premiers alinéas de l’article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à l’infraction prévue par le présent article.
L’article 312-5 du Code pénal, quant à lui, dispose que l’extorsion est punie de trente ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende lorsqu’elle est commise soit avec usage ou menace d’une arme, soit par une personne porteuse d’une arme soumise à autorisation ou dont le port est prohibé.
Les deux premiers alinéas de l’article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à l’infraction prévue par le présent article.
L’article 312-6 dudit Code énonce que l’extorsion en bande organisée est punie de vingt ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende.
Elle est punie de trente ans de réclusions criminelles et de 150 000 euros d’amende
lorsqu’elle est précédée, accompagnée ou suivie de violences sur autrui ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.

Elle est punie de la réclusion criminelle à perpétuité

lorsqu’elle est commise soit avec usage ou menace d’une arme, soit par une personne porteuse d’une arme soumise à autorisation ou dont le port est prohibé.
Les deux premiers alinéas de l’article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à l’infraction prévue par le présent article.
Rappelons qu’en vertu de l’article 131-38 du Code pénal, le montant des amendes s’élève au quintuple des amendes prévues pour la personne physique ; il peut donc aller jusqu’à 750 000 euros.

     1. La récidive                                                                                                        (L’extorsion)

L’article 132-16 du Code pénal prévoit que le vol, l’extorsion, le chantage, l’escroquerie et l’abus de confiance
sont considérés, au regard de la récidive, comme une même infraction.

      1. La complicité                                                                                                 (L’extorsion)

La complicité est applicable dans le cadre du délit d’extorsion, conformément aux dispositions de l’article 121-7 du Code pénal ;
la personne doit avoir sciemment, par aide ou assistance, facilité la préparation ou la consommation du délit d’abus de confiance.
De plus, la personne doit avoir, par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir
provoqué l’infraction ou donné des instructions pour la commettre.
L’article 121-6 dudit Code, quant à lui, énonce que la peine applicable en cas de complicité d’extorsion est la même que celle applicable à l’auteur du délit.

     1. La tentative                                                                                                    (L’extorsion)

La tentative d’extorsion est prévue à l’article 312-9 du Code pénal, article disposant que la tentative d’extorsion est punie des mêmes peines que celles applicables au délit.

      1. Les peines complémentaires                                                                 (L’extorsion)

Des peines complémentaires différentes des peines principales (amende et emprisonnement)
sont prévues pour l’extorsion commise par les personnes physiques ;
ces peines sont prévues aux articles 312-13 et 312-14 du Code pénal.
L’article 312-13 dudit Code dispose ainsi que l’extorsion peut être punie des peines complémentaires suivantes :

  • Tout d’abord, l’interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités prévues par l’article 131-26 du Code pénal ;
  • Également, l’interdiction, suivant les modalités prévues par l’article 131-27 du présent Code, soit d’exercer une fonction publique ou d’exercer l’activité professionnelle ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise.
  • Encore, cette interdiction étant définitive ou provisoire dans les cas prévus aux articles 312-3 à 312-7 dudit Code et pour une durée de cinq ans au plus
  • Et puis, dans les cas prévus aux articles 312-1, 312-2 et 312-10 du Code pénal,

  • soit d’exercer une profession commerciale ou industrielle, de diriger, d’administrer, de gérer
  • ou de contrôler à un titre quelconque, directement ou indirectement,
  • pour son propre compte ou pour le compte d’autrui, une entreprise commerciale ou industrielle ou une société commerciale.
  • De plus, ces interdictions d’exercice peuvent être prononcées cumulativement ;
  • Et après, la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l’infraction ou de la chose qui en est le produit, à l’exception des objets susceptibles de restitution ;
  • Finalement, l’interdiction de séjour suivant les modalités prévues par l’article 131-31 du Code pénal ;
  • L’obligation d’accomplir un stage de citoyenneté, selon les modalités de l’article 131-5-1 dudit Code ;
  • L’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants, selon les modalités fixées à l’article 131-35-1 du présent Code.

De plus, il est dit qu’en cas de condamnation pour les infractions prévues au présent chapitre,

le prononcé de la peine complémentaire d’interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de cinq ans au plus, une arme soumise à autorisation est obligatoire.
Toutefois, la juridiction peut, par une décision spécialement motivée lorsque la condamnation est prononcée par une juridiction correctionnelle,
décider de ne pas prononcer cette peine,  en considération des circonstances de l’infraction et de la personnalité de son auteur.
L’article 312-14 du présent Code, quant à lui,
énonce que l’interdiction du territoire français
peut être prononcée dans les conditions prévues par l’article 131-30 du même Code,
soit à titre définitif, soit pour une durée de dix ans au plus,
à l’encontre de tout étranger coupable d’extorsion aggravée.

Des peines complémentaires:                                                                         (L’extorsion)

Des peines complémentaires sont également prévues pour l’extorsion commise par les personnes morales par l’article 131-39 du Code pénal :

  • En premier lieu, la dissolution, lorsque la personne morale a été créée ou, lorsqu’il s’agit d’un crime ou d’un délit puni en ce qui concerne les personnes physiques
  • d’une peine d’emprisonnement supérieure ou égale à trois ans,
  • détournée de son objet pour commettre les faits incriminés ;
  • En second lieu, l’interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus,
  • d’exercer directement ou indirectement une ou plusieurs activités professionnelles ou sociales
  • (activité dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise) ;
  • Ensuite, le placement, pour une durée de cinq ans au plus, sous surveillance judiciaire ;
  • De même, la fermeture définitive ou pour une durée de cinq ans au plus des établissements
  • ou de l’un ou de plusieurs des établissements de l’entreprise ayant servi à commettre les faits incriminés ;
  • Également, l’exclusion des marchés publics à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus;
  • Mais aussi, l’interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus,
  • de procéder à une offre au public de titres financiers
  • ou enfin,  de faire admettre ses titres financiers aux négociations sur un marché réglementé ;
  • L’interdiction, pour une durée de cinq ans au plus,

  • d’abord, d’émettre des chèques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré
  • ou bien, ceux qui sont certifiés ou d’utiliser des cartes de paiement ;
  • Aussi, la peine de confiscation, dans les conditions et selon les modalités prévues à l’article 131-21;
  • Également, L’affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci soit par la presse écrite, soit par tout moyen de communication au public par voie électronique ;
  • La confiscation de l’animal ayant été utilisé pour commettre l’infraction ou à l’encontre duquel l’infraction a été commise ;
  • De plus, l’interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus, de détenir un animal ;
  • Finalement, l’interdiction, pour une durée de cinq ans au plus de percevoir toute aide publique attribuée par l’État, les collectivités territoriales, leurs établissements ou leurs groupements ainsi que toute aide financière versée par une personne privée chargée d’une mission de service public.

La peine complémentaire de confiscation est également encourue de plein droit
pour les crimes et pour les délits punis d’une peine d’emprisonnement d’une durée supérieure à un an, à l’exception des délits de presse.
Les peines définies aux 1° et 3° ci-dessus ne sont pas applicables aux personnes morales de droit public dont la responsabilité pénale est susceptible d’être engagée.
Elles ne sont pas non plus applicables aux partis ou groupements politiques ni aux syndicats professionnels.
La peine définie au 1° n’est pas applicable aux institutions représentatives du personnel.

      1. L’immunité familiale                                                                                (L’extorsion)

L’article 311-12 du Code pénal consacre une immunité familiale en cas d’extorsion commise :

  • D’abord, au préjudice de son ascendant ou bien de son descendant
  • Encore, au préjudice de son conjoint, sauf lorsque les époux sont séparés de corps ou autorisés à résider séparément

      1. Exonération de responsabilité                                                               (L’extorsion)

Les exonérations de responsabilité pénale sont prévues par les articles 122-1 à 122-7 du Code pénal.

       1. Exemption et réduction de peine                                                                                                    (L’extorsion)

L’exemption de peine, dans le cas d’une extorsion, est prévue par l’alinéa 1er de l’article 312-6-1 du Code pénal.
En effet, ce dernier dispose que toute personne qui a tenté de commettre une extorsion en bande organisée prévue par l’article 312-6 du Code pénal est exempte de peine si,
ayant averti l’autorité administrative d’abord, ou aussi judiciaire,
elle a permis ainsi, d’éviter la réalisation de l’infraction et d’identifier, le cas échéant, les autres auteurs ou complices.
De plus, la réduction de peine est également prévue dans le cas de l’extorsion, réduction prévue par l’alinéa 2nd de l’article 312-6-1 dudit Code.
Ce dernier prévoit que la peine privative de liberté encourue par l’auteur ou le complice d’une extorsion en bande organisée est réduite de moitié.
Cependant, si en avertissant  l’autorité administrative ou judiciaire, cela a permis de faire cesser l’infraction ou quelle est évité mort d’homme ou infirmité permanente.
Il faut ajouter aussi permis d’identifier, le cas échéant, les autres auteurs ou complices.
Lorsque la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité, celle-ci est ramenée à vingt ans de réclusion criminelle.

1. Prescription                                                                                               (L’extorsion)

La loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale modifie le délai de prescription des délits,
passant de 3 ans à 6 ans à compter du jour où l’infraction a été commise.
 
 

                             (L’EXTORSION version ABRÉGÉE

L’extorsion est « le fait d’obtenir par violence, menace ou contrainte soit une signature, soit un engagement ou une renonciation, soit la révélation d’un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque », prévoit l’article 312-1 du Code pénal.

Les éléments constitutifs de l’extorsion

La victime est amenée à remettre une chose à l’agent sous la contrainte.

I. L’élément matériel en premier lieu.                                                                                                   (L’extorsion)

A. L’emploi d’un moyen

Il faut d’abord un acte de :

  • violence d’abord,
  • menace ensuite,
  • contrainte enfin, physique ou morale.

Il faut ensuite une remise de la chose, la victime doit se dessaisir elle-même des biens extorqués.

B. Le but poursuivi                                                                                                                                                                           (L’extorsion)

Le moyen de pression tend à l’obtention de l’une des trois prestations suivantes :

  • D’abord la signature, engagement ou renonciation (reconnaissance de dette, promesse de vente, résiliation de bail, reçu).
    • Le préjudice en premier, peut être pécuniaire ou moral.
    • L’extorsion ensuite, peut tendre à obtenir l’accomplissement d’un acte positif ou à imposer une abstention à la victime.
    • L’engagement aussi, peut être verbal ou écrit.
    • La victime peut être enfin, une personne physique ou morale.
  • Ensuite la révélation d’un secret
  • Enfin la remise de fonds, valeurs ou bien quelconque (billets de banque, effets de commerce, carte de crédit, etc.)

II. Puis, l’élément moral : l’intention coupable                                                                                     (L’extorsion)

L’intention est « la conscience d’obtenir soit par la force, la violence ou la contrainte,
ce qui n’aurait pas pu être obtenu par un accord librement consenti ».

La répression de l’extorsion                                                                           (L’extorsion)

Peines principales de l’extorsion                                                                                                               (L’extorsion)

  • En second, extorsion aggravée : L’article 312-2 du Code pénal dispose que l’extorsion est punie de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende en cas de violences sur autrui, ou lorsque l’extorsion est commise contre une personne vulnérable ou pour un motif discriminatoire.

D’autres circonstances aggravantes prévues par les articles 312-3 et suivants du code pénal confèrent aux faits une nature criminelle, avec période de sûreté de plein droit.

Peines complémentaires de l’extorsion                                                                                                 (L’extorsion)

La tentative est punissable, article 312-9 du Code pénal
L’article 312-13 du Code pénal prévoit des peines complémentaires facultatives
telles que l’interdiction des droits civiques, civils et de famille,
l’interdiction d’exercer une fonction publique
ou encore l’interdiction de détenir une arme.
Le juge peut condamner l’étranger à l’interdiction du territoire français en cas d’extorsion avec circonstances aggravantes (article 312-14 du Code pénal).

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